Budgets participatifs : tout doucement…

Le sujet est médiatisé, car Paris, Grenoble, Metz, Lille ou Rennes font les choses en grand. Pourtant sur les 35 357 communes françaises, seules… 47 proposent de réserver une partie de leur budget d’investissement à des choix citoyens.

57-actu-Budget

La tendance est cependant là, assure Antoine Bézard, responsable éditorial au ministère chargé du Travail et animateur du site lesbudgetsparticipatifs.fr : «Depuis 2014, la France est passée de 6 à 47 budgets participatifs. Dans des villes de toutes les tailles, de Tilloy-lès-Mofflaines (62) et ses 1 450 habitants jusqu’à la capitale et ses 2,2 millions de Parisiens.» Une diversité de territoires qu’il révèle dans son étude annuelle : «Villages, communes et préfectures rurales côtoient les villes-centres ou périphériques d’agglomération très urbanisées. Il faut noter le fort développement en petite et grande couronne parisienne», mais aussi «dans le Nord (59) et le Pas-de-Calais (62), où le programme semble faire tache d’huile». Le communicant relève aussi une apparition de villes moyennes à l’image de Mulhouse (68) ou d’Orléans (45). «Ce qui se construit, en général, c’est du respect de tous envers tous, applaudit Bruno Lafosse, DGA chargé de la démocratie locale et de la communication de Dieppe (76), où des fonds de participation citoyens ont été lancés dès 2010. Tout le monde a à y gagner. Quand les gens voient comment on travaille, ils perçoivent aussi la collectivité et ses difficultés concrètes.» Le montant moyen consacré en 2017 est de 8,90 € par habitant, en forte baisse par rapport à 2016 (11,83 €). à Morangis (91), il s’élève à 12 €. «On se rend compte que, de temps en temps, nos priorités ne sont pas celles des habitants, reconnaît le dircab de la Ville, Grégory Meche. C’est un marqueur de l’ambiance du moment.» Un argument de plus ?

Jérôme Vallette et Antoine Gazeau