Communication gouvernementale : le SIG chargé de resserer les boulons !

Une étude sur la « marque Gouvernement », remise par Kantar en juin 2019 au Service d’information du gouvernement (SIG), conclut notamment que l’image du gouvernement «disparaît derrière la mauvaise image du politique » et que, plus globalement, la communication gouvernementale est jugée inaudible et inefficace ?

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Matignon en tient compte et, dans une circulaire de “recadrage” diffusée le 14 octobre, annonce recentraliser sa communication via le SIG. «L’action du Gouvernement est aujourd’hui trop peu lisible pour les citoyens, selon le texte : multiplicité d’émetteurs, manque de coordination entre les différentes initiatives de communication ministérielle, usage de jargon et de nombreux acronymes dans la communication grand public. » On compterait, dans la sphère gouvernementale, quelque 1 500 sites Web et 1 800 comptes sur les réseaux sociaux. Non seulement le Premier ministre entend placer le tout « sous une même “marque gouvernementale”, garantissant l’homogénéité et la reconnaissance de l’ensemble des initiatives ministérielles », mais il souhaite « arrêter une stratégie et un calendrier éditorial communs à tous les ministères ». La règle est limpide : « Les directions de la communication des ministères doivent préalablement solliciter l’agrément du SIG lorsqu’elles souhaitent réaliser une étude d’opinion, se doter d’un nouvel outil de veille des médias et des réseaux sociaux, réaliser une opération de communication, refondre ou créer un site Internet ou un compte sur les réseaux sociaux, ou enfin lancer une procédure de marché public dans le domaine de la communication. » Bref, mieux communiquer suppose « un pilotage renforcé de la communication gouvernementale par le SIG ». Entre autres missions par ailleurs assignées au service dirigé par Michael Nathan, enfin : « Bâtir une stratégie de communication adaptée aux publics visés en évaluant, par exemple, la pertinence de la création de sites Internet » et « réagir aux fausses informations fortement relayées sur Internet ». Reste à savoir comment.

ANTOINE GAZEAU