Des «challenges» pour la bonne cause ?

Sur Facebook, Twitter & co, les challenges se suivent… Et se ressemblent ?

66 actu Rennes

Si le Ice Bucket Challenge (été 2014), qui consistait à se renverser un seau d’eau glacée sur la tête au profit de la lutte contre la maladie de Charcot, a peu essaimé en France, le mannequin challenge (automne 2016) a, lui, fait florès au sein des collectivités et de la classe politique. Le pitch : réunir des personnes dans un lieu donné et les filmer immobiles en musique, puis diffuser la vidéo en question sur les réseaux sociaux. Viralité à la clé. Entre autres municipalités, la ville de Narbonne (11) a réalisé son mannequin challenge fin 2016 : un film de 1’39 réunissant agents et habitants, tous vêtus d’un pull de Noël. «L’occasion de montrer que la ville est au fait des tendances numériques et de créer de la cohésion, via une communication positive et ludique», analyse Tanguy Loisel, chargé de com’. Certaines collectivités en ont fait un outil d’attractivité, pour promouvoir son marché hebdomadaire, par exemple à Audruicq (62), ou recruter un médecin à Plédran (22) : «à défaut de résoudre notre problème, les habitants en parlent encore», assure Lydie Le Glatin, chargée de com’. Plus engagé, le lycée Odilon-Redon de Pauillac (33) a organisé un mannequin challenge pour sensibiliser les jeunes au harcèlement scolaire. Et quid du dernier défi en date, alias le #Ten-YearChallenge ? Malgré son potentiel en termes d’urbanisme, d’architecture ou d’environnement, l’opération qui vise à mettre en parallèle deux photos (portrait, paysage, bâtiment…) à dix ans d’intervalle, peine à s’imposer dans la com’ publique. à Rennes, le dircom Laurent Riéra a pioché dans les archives pour confronter sur Twitter deux images du mail François-Mitterrand, parking en 2008 devenu espace vert en 2018. Un post qui évoque le récent détournement militant du défi pour illustrer l’urgence de la transition écologique, avec des images de glaciers ou de forêts disparus en dix ans. Dans le même genre, l’ONU a lancé en 2018 le #BeatPlasticPollution pour valoriser les alternatives durables au plastique. 

Barbara Guicheteau