Fête de la musique : l’affiche enflamme le milieu des graphistes

Le débat a agité, tout l’été, le landerneau des graphistes. à son origine, l’affiche de la Fête de la musique 2013. On y voit un portrait, un cri, un message. Un élan créatif qui ne fera pas date et qui ne semble pas au niveau d’une opération publique d’ampleur, pilotée par le ministère de la Culture et de la Communication.

B9-actusfetemusique

L’affiche a vite essuyé un vent de critiques sur le Net. Sa conception n’avait pas été sans quelques péripéties. Les trois studios (Vincent Perrottet, CL Design, Graphéine Paris) qui avaient été sélectionnés pour faire le visuel de l’édition 2013 avaient tous décliné, au final, l’appel d’offres, le jugeant non conforme. Non sans le faire savoir dans un long courrier adressé à la Rue-de-Valois. Dans la missive – qui s’est vite retrouvée diffusée sur Internet – , les créatifs reprochaient au ministère de ne pas avoir prévu, dans son appel d’offres, de dédommagement pour les équipes non retenues, et d’avoir demandé au moins deux pistes graphiques sans droit de regard, ni possibilité de défense les propositions. «Nous faisons solidairement cette démarche dans le seul but d’améliorer la qualité des images et des messages proposés à tous les publics auxquels s’adressent la République et les institutions qui en sont l’expression», concluaient-ils.

A la suite de ce refus, le ministère de la Culture s’était tourné vers une agence qui réalise des sites pour Altran, Bolloré ou Disneyland (LPDesign). «Drôle d’idée lorsque l’on sait qu’il y a en France des dizaines (des centaines ?) de designers graphiques compétents, talentueux et créatifs», a dénoncé le créatif et blogueur Geoffrey Dorne. D’une manière générale, les graphistes reprochaient à l’affiche son manque criant de créativité. Le portrait est issu d’une banque de données (ShutterStock). Vectoriel, il a ensuite été légèrement modifié sous Illustrator. «Côté typographie, c’est une catastrophe. La typo du mot “musique” est étirée, les lettres sont mal ajustées (trop serrées, ce qui fait qu’elles se touchent parfois), et le 2013 est en contours…», critiquait Geoffrey Dorne.

L’affiche de l'édition 2011 avait été raillée pour sa laideur et sa simplicité. Le ministère avait corrigé le tir en s’alliant au Centre national des arts plastiques. Pour 2013, l’histoire s’est répétée. Sauf que cette année, elle a déclenché la fronde des graphistes, fustigeant, dans un texte radical (www.partager-le-regard.info) leurs conditions de travail, le «manque de culture graphique» et la dégradation de la commande publique. Une pétition a été signée par 3 200 personnes. L’état et les collectivités en prennent pour leur grade… L’Alliance française des designers avait adressé une lettre sur le sujet à la ministre de la Culture, au mois de mai.

Nicolas Marc