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Communication de l’État : l’annonce du gel inquiète la profession

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Un communiqué. C’est par un communiqué que plusieurs dircoms de ministères, sans doute la majorité, ont appris la décision du Premier ministre Sébastien Lecornu : suspendre « jusqu’à la fin de l’année 2025, l’engagement de toute nouvelle dépense de communication par les ministères, les agences et opérateurs de l’État. » Seules exceptions : les campagnes liées à la santé publique, aux recrutements et les projets déjà engagés.

 

Au-delà de la stupeur, c’est de la colère que l’annonce a suscité dans les directions de la communication et dans les agences. « On est clairement sur un 10/10 sur l’échelle de la démagogie », note Manuel Canévet, fondateur de Canévet & associés (Nantes). Il dénonce surtout une « annonce placebo » dans la mesure où, pour les marchés de plus de 40 000 €, vu le timing et le statut temporaire du gel, « rien ne change ». Selon lui, « la véritable bataille sera celle du dialogue budgétaire qui commence dès maintenant pour 2026 ». Car Sébastien Lecornu a surtout annoncé « une revue générale des dépenses de communication » pour définir des priorités dans le cadre de la préparation dudit budget. Objectif : une réduction de 20 % par rapport à 2025 et des moyens de com’ « affectés aux politiques publiques ayant un impact direct pour les citoyens ».

 

La défense, alors, s’organise. « Nous savons que la dépense publique doit être maîtrisée, a réagi l’Association nationale des communicants. Mais affirmer que la communication serait un luxe revient à nier sa fonction essentielle. Dans un monde saturé de messages, les budgets publics sont déjà faibles pour émerger. Couper davantage, c’est condamner la parole publique à l’invisibilité. Retirer l’ É tat annonceur dans un moment de polarisation des opinions, c’est affaiblir le débat démocratique. » Communication publique, de son côté, a entamé un travail de fond pour retourner le stigmate et défendre la profession. Il devrait donner lieu à des actions concrètes dans les semaines à venir. « Nous sommes convaincus que la communication publique, en ce qu’elle informe sur l’accès aux droits, crée du lien, nourrit le débat, suscite le dialogue, est plus que jamais utile et nécessaire, estiment les co-présidents Marie Yanowitz-Durand et Laurent Riéra. Ce qu’a toujours souligné Pierre Zémor, fondateur de l’association : “En période de contrainte budgétaire, l’obligation d’expliquer et de rendre des comptes aux citoyens s’accroit”. » Sophie Pô et Hervé Brasselet, dirigeants de Parties Prenantes, le disent encore autrement : « La communication n’est pas une décoration budgétaire qu’on suspend en période de disette ; c’est une infrastructure immatérielle qui permet aux politiques publiques, que ce soit en matière d’éducation, de santé, d’emploi ou de transition, d’atteindre leurs cibles. Alors, rigueur, oui. Mais silence, non. Parce que dans une démocratie moderne mais en crise, expliquer ne saurait être optionnel : c’est la condition sine qua non pour décider efficacement et agir ensemble. »

 

À l’heure où nous bouclions le numéro d'octobre, le Service d’information du gouvernement attendait encore une circulaire précisant le périmètre des campagnes concernées par le gel budgétaire. Pas la tâche la plus facile, assurément...

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ANTOINE GAZEAU  [octobre 2025]

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